Les méningites chez l'enfant : quels vaccins contre les méningocoques ? Quel est le calendrier vaccinal en France ? Dois-je vacciner mon enfant en cas de séjour en Angleterre ?
Épidémie en Angleterre : un signal d’alerte en Europe
Depuis le début de l’année 2026, une recrudescence de cas de méningite à méningocoque B a été signalée en Angleterre, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes. Cette situation a conduit les autorités sanitaires britanniques à lancer une campagne ciblée d'administration des vaccins contre les méningocoques B.
En France, Santé publique France rappelle que ces infections restent rares mais graves, et souligne l’importance de la vaccination pour éviter des formes sévères, parfois mortelles.
Méningite à méningocoque : une maladie rare mais grave
Les infections invasives à méningocoque peuvent provoquer :
- une méningite (infection des membranes du cerveau),
- une septicémie (infection généralisée du sang).
Leur évolution est souvent très rapide, parfois en quelques heures, avec un risque de décès ou de séquelles lourdes (handicap neurologique, amputations).
La transmission se fait par les voies respiratoires, par la toux ou les éternuements par exemple, lors de contacts rapprochés (moins d'un mètre en face à face) dans la famille, la crèche, les écoles.
Quels sont les principaux méningocoques ?
On distingue plusieurs méningocoques différents. On les appelle des sérogroupes. Parmi les plus fréquents en France, on trouve le :
- B (le plus fréquent chez les nourrissons),
- C,
- W,
- et Y.
La vaccination permet aujourd’hui de protéger efficacement contre ces formes.
📊 Le calendrier vaccinal : les vaccins contre les méningocoques en France
👶 De 0 à 2 ans (nourrisson)
Objectif : une protection précoce contre les formes graves à une période très vulnérable
Vaccins contre les méningocoques B (Bexsero®):

- 1ère dose à 2 mois
- 2e dose à 4 mois
- Rappel à 12 mois
Vaccins contre les méningocoques ACWY :
- 1ère dose : 5 mois (Nimenrix®)
- Rappel à 12 mois (Nimenrix® ou Menquadfi®)
👉 À cet âge, le risque est maximal, d’où l’importance de respecter au mieux le calendrier. Toute fois le calendrier actuel comportant 3 vaccinations à 12 mois il est possible de différer un des 2 vaccins au 13° mois.
Ces vaccins sont obligatoires pour tous les enfants nés à partir du 01 janvier 2024
Lien : Calendrier vaccinal 2025
🧒Les vaccins contre les méningocoques chez l'enfant (2 à 5 ans)
Objectif : rattrapage si nécessaire
- Vérifier que :
- la vaccination contre les méningocoques B est complète
- le vaccin contre les méningocoques ACWY a bien été réalisée
👉 En cas de doute : consulter le médecin pour une mise à jour. Les vaccins seront remboursés dans ce cas.
🧑🎓Les vaccins contre les méningocoques chez l'adolescents (11 à 14 ans)
Objectif : protéger une population à risque et limiter la transmission
- 1 dose de vaccin ACWY recommandée (Menquadfi®, Menveo® ou Nimenrix® )
- Rattrapage possible jusqu’à 24 ans
👉 Cette tranche d’âge est particulièrement concernée (vie en collectivité, internats, soirées…).
🎯Les vaccins contre les méningocoques chez les jeunes adultes (15 à 24 ans)
- Rattrapage vaccinal ACWY, si non fait entre 11 et 14 ans, fortement recommandé
- Vaccination contre les méningocoques B (Bexsero® ou Trumenba®) conseillée et remboursée
- Particulièrement important avant :
- l'entrée à l’université
- vie en résidence étudiante
- voyages
💡Quels sont les signes qui peuvent évoquer une méningite
- fièvre élevée brutale
- somnolence inhabituelle
- raideur de la nuque
- vomissements
- taches violacées sur la peau (purpura)
👉 En cas de doute : appelez immédiatement les urgences.
Voir notre article : Méningite. Quand y penser ?
Pourquoi vacciner contre les méningites son enfant ?
Une maladie imprévisible
Un enfant en parfaite santé peut être touché sans signe précurseur.
Une évolution fulgurante
L’état peut s’aggraver en quelques heures.
Une protection collective
La vaccination réduit la circulation de la bactérie dans la population.
Focus : le méningocoque B chez les nourrissons
Le méningocoque B est aujourd’hui responsable d’une grande partie des cas chez les jeunes enfants.
Les experts insistent sur :
- une vaccination dès 2 mois,
- un respect rigoureux des rappels,
- une surveillance attentive des symptômes.
Adolescents : pourquoi ne pas négliger les vaccins contre les méningocoques ?
Les adolescents sont souvent porteurs de la bactérie sans le savoir.
Ils jouent un rôle clé dans la transmission, notamment :
- en milieu scolaire,
- en soirées,
- en colocation.
L’épidémie récente en Angleterre illustre ce phénomène.
🧾Les questions fréquentes des parents
Les vaccins sont-ils sûrs ?
Oui. Les effets secondaires sont généralement bénins :
- douleur au point d’injection
- fièvre passagère
Le vaccin protège t-il efficacement contre la maladie ?
Si mon enfant doit partir en Angleterre , faut-il que je le vaccine ?
Non, à ce jour, l’épidémie anglais reste localisée, à un groupe d’étudiants fréquentant une université à Canterbury et certains lieux de vie dans le Kent. Il n'y a pas d'indication à vacciner en cas de voyage en Angleterre d'autant qu'il faut au moins 2 injections de vaccin contre la méningite à méningocoques B pour que celle -ci soit efficace.
Par contre, il est conseiller de vacciner votre enfant et adolescent selon les recommandations française et de mettre à jour son calendrier vaccinal comme pour tout voyage.
Voir également l'article : La trousse de voyage
Cela reste à discuter par contre si votre enfant ou adolescent va séjourner dans la zone d'épidémie ou dans un contexte d'étudiant avec vie en collectivité.
Peut-on vacciner en retard ?
Il vaut mieux respecter les âges de vaccination cités plus haut mais un rattrapage est possible jusqu’à 5 ans pour les jeunes enfants et jusqu’à 24 ans pour les adolescents. La vaccination de 5 à 11 ans pour les méningocoques A,C ,W et Y et 5 à 14 ans pour les méningocoques B et après 24 ans n’est pas recommandée car les risques de développer une méningites sont moins importants.
Est-ce obligatoire ?
Certaines vaccinations sont obligatoires ou fortement recommandées selon l’âge.
Faut-il vacciner même sans épidémie ?
Oui. La vaccination protège avant l’exposition au risque.
Situation en France : faut-il s’inquiéter ?
À ce stade, aucun signal majeur d’épidémie comparable à celle du Royaume-Uni n’a été identifié.
Cependant, Santé publique France insiste sur :
- la surveillance continue des cas,
- l’importance de maintenir une couverture vaccinale élevée.
Conseils pratiques aux parents
- Vérifiez régulièrement le carnet de santé
- Respectez les rendez-vous vaccinaux
- N’hésitez pas à poser des questions à votre médecin
- Soyez attentif aux symptômes inhabituels
Conclusion
La méningite à méningocoque reste une maladie rare mais redoutable. Grâce aux vaccins, il est aujourd’hui possible de protéger efficacement les enfants dès leur plus jeune âge.
Dans un contexte européen marqué par une recrudescence de cas, notamment en Angleterre, la vaccination reste plus que jamais un outil essentiel de prévention.
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Tous les enfants nés en 2018 devront être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite mais également la coqueluche, l'Haemophilus B, l'hépatite B, les infections sévères à Pneumocoques, le Méningocoque C, la rougeole, les oreillons et la rubéole.
Les vaccins Meninvact® et Neisvac® protègent contre la méningite à Méningocoque C. D'introduction plus récente dans le calendrier des vaccinations, ils sont toute foi recommandés pour les enfants de 1 à 2 ans de façon optimum et jusqu'à 24 ans depuis 2009.
Attention à ne pas multiplier les injections de vaccins à votre enfant sous prétexte de le vacciner à "minima". En choisissant des vaccins qui regroupent plusieurs maladies, vous lui permettez d'avoir moins d'injections ce qui est important pour son confort. En plus, il recevra moins d'adjuvants, comme la plupart des vaccins doivent avoir des adjuvants pour être efficaces.
De même, évitez de réaliser des vaccins entre 2 et 6 ans. C'est vraiment le plus mauvais âge pour vacciner ! L'enfant sait qu'il va être vacciné et appréhende "la piqure".