Allergie au lait : tout ce qu’il faut savoir pour aider votre enfant

L'allergie au lait est une des allergies alimentaires les plus fréquentes.  Heureusement elle va le plus souvent guérir. En cas de suspicion d'allergie chez votre enfant, il est important de savoir les aliments qu'il faut éviter et ceux que vous pouvez donner. Attention aussi aux carences qui sont fréquentes chez ces enfants.

L'allergie au lait ou aux protéines de lait de vache

Lait de vache

L’allergie au lait ou aux protéines de lait de vache est la première allergie alimentaire à apparaître chez l’enfant. Elle  débute, le plus souvent, chez le nourrisson dans les premiers mois de vie.

Il existe 2 types de tableaux :

Les allergies immédiates

allergies

Elles surviennent moins de 3 heures après l’ingestion de lait. Les symptômes sont des plaques rouges, des gonflements,  voir des difficultés à respirer ou une crise d'asthme, de la diarrhée ou des vomissements, plus rarement un nez qui coule ou un oeil rouge. La réaction allergique peut être sévère, généralisée, et conduire à un malaise et/ou un choc anaphylactique. Les tests allergologiques sont en général positifs (tests cutanés et/ou tests sanguins).

Les allergies retardées

Elles se manifestent le plus souvent par des troubles digestifs : une diarrhée, des régurgitations persistantes, des selles avec du sang ou une prise de poids insuffisante. Ces symptômes apparaissent à distance des prises de lait. De plus le bilan allergologique est bien souvent négatif. Le seul moyen pour faire le diagnostic est alors d'exclure toutes les protéines de lait de mammifères pendant un mois. Mais ce test doit se faire avec le contrôle d'un médecin qui saura poser le diagnostic ou l'infirmer.

Ses allergies retardées donnent en général des symptômes peu sévères sauf dans un cas particulier le Syndrome d'Entérocolite Induite par les Protéines alimentaires ou SEIPA.

Le SEIPA se manifeste par des vomissements 1 à 4 heures après l'ingestion d'un aliment (le lait de vache le plus souvent mais il peut concerner d'autres aliments). Ces vomissements doivent être accompagnés d'au moins 3 des symptômes cités ci-dessous pour confirmer le diagnostic :

  • Un second épisode de vomissements répétés après l'ingestion du même aliment suspect
  • Episode de vomissements répétés 1 à 4 heures après l'ingestion d'un aliment différent
  • Léthargie extrême au moment de la réaction
  • Pâleur marquée au moment de la réaction
  • Nécessité d'une consultation aux urgencs
  • Réhydratation intra-veineuse
  • Diarrhée dans les 24 heures
  • Hypotension
  • Hypothermie

Un eczéma rebelle peut être aussi une manifestation d'allergie au lait. Les tests d'allergologie sont alors souvent positifs. Et surtout en supprimant les laits de mammifères de l'alimentation on améliore nettement l'eczéma.

Les aliments à exclure en cas d'allergie au lait

En cas d'allergie au lait, il faut exclure tous les laits de mammifère. En effet les laits de mammifères se ressemblent énormément au niveau de leur composition . On a 80 % d'homologie (de ressemblance) entre le lait de chèvre et le lait de vache. Il faut aussi enlever les aliments dérivés comme le beurre, la crème fraiche, les laitages ...

Attention au lait de soja qui peut parfois donner également une allergie croisée surtout dans les allergies retardées.

Allaitement maternel
Si vous allaitez, vous pouvez continuer à donner votre lait à votre bébé. Mais si votre bébé a des symptômes avec l'allaitement, il vous faudra exclure les lait de mammifère de votre alimentation.

Vous trouvez la liste des aliments interdits et surtout de ceux qui sont autorisés en cliquant sur le lien ci-dessous :

 ➡ Cliquez ici pour obtenir le régime d'éviction des protéines de lait de vache.

Pour plus de précisions sur le régime alimentaire à adopter, consulter l'article : Le régime d’éviction pour mon enfant allergique

Comment trouver des aliments sans lait de mammifère ?

remplacer le lait

Au début, c'est souvent long et fastidieux de lire toutes les étiquettes. Heureusement maintenant le lait de vache ou de mammifère est clairement indiqué. Très vite vous verrez que finalement vous achetez souvent les mêmes produits et les courses seront plus faciles. N'hésitez pas cependant à revoir régulièrement les étiquetages, car les recettes peuvent changer.

Je vous recommande de lire l'article : Alimentation et allergie : comment trouver des aliments ?

et le forum :  Mon enfant a une allergie alimentaire au lait de vache. Comment remplacer le lait ?

Petite astuce : N'hésitez pas à appeler le service consommateur en cas de doute sur un aliment. Ils sont souvent d'une grande aide.

Vous pouvez également consulter le site  : Openfoodfacts qui est d'une grande aide pour vérifier la liste des ingrédients.

N'hésitez pas à cuisiner

Mousse au chocolat

En mettant la main à la pâte, on est sur au moins des ingrédients . Et c'est toujours un plaisir de cuisiner en famille.

N'hésitez pas à prendre part au forum :  Recettes pour allergiques : des recettes pour votre enfant allergique, vos idées sont les bienvenues.

Chantilly sans lait
Un anniversaire chez un copain ou à l'école ! Donnez vos recettes aux mamans . Comme cela tout le monde mangera les mêmes gâteaux et personne ne sera exclu ! Je connais des mamans d'enfants non allergiques qui ont gardé les recettes tellement elles étaient délicieuses  😉  !
 
Vous pouvez utiliser des gourdes jetables comme les gourdes Squiz disponibles assez facilement, The bamboo family ou La vie est green pour préparer des desserts ou même purées sans les aliments auquel votre enfant est allergique. Elles peuvent également permettre de réintroduire l'aliment en douceur (voir l'article :Débuter un aliment : le Protocole de tolérance ) ou d'apporter un peu plus de calcium en y ajoutant les hydrolysats de lait ...

Attention aux carences

Calcium

En cas d'allergie au lait de vache, il faut faire attention aux carences alimentaires, en particulier en Fer et en Calcium. Pour cette raison, il est vivement conseillé de garder un lait pour nourrisson ou 1er âge, puis un lait de suite ou 2° âge puis un lait de croissance au 3° âge tant que l'on a pas pu réintroduire des quantités suffisantes de lait. Ces laits sont enrichis en Fer, en vitamines et en Calcium.

Utilisez plutôt des "laitages" sans lait adaptés aux nourrissons ou des desserts végétaux enrichis en Calcium avec 120 mg de Calcium / 100 gr ou 100 ml.

Pour plus de précisions, vous pouvez consulter les articles :

Les apports en Calcium en cas d’allergie aux protéines de lait de vache

Les besoins en Calcium pendant l’enfance

Pour savoir combien votre enfant reçoit de Calcium utiliser notre calculateur sur l'article : Comment avoir un bon apport journalier en Calcium en cas d’APLV

Comment évolue une allergie au lait ?

Heureusement, bien souvent l'allergie au lait va guérir, souvent vers le 12° mois de vie. On exclut les laits de mammifères pendant au moins 6 mois.  Puis souvent on refait un bilan vers 9 à 12 mois, parfois plus tôt pour certaines allergies peu sévères. En fonction du bilan, on réintroduira des petites quantités progressives de lait à la maison ou à l'hôpital selon l'allergie.

Malheureusement, on constate que de plus en plus d'enfants allergiques au lait vont guérir tardivement. Pour ces raisons, on a recours à des protocoles de tolérance qui peuvent permettre d'introduire des petites quantités de lait de façon très progressive. Il est donc important de voir régulièrement son pédiatre ou son allergologue pour qu'il.elle puisse vous guider dans cette démarche.

Il est important d'introduire rapidement tous les autres aliments :

Vous pouvez consulter le site Allergodiet, groupe de travail formé par des allergologues et des diététicien.nes spécialisé.es en allergologie, en particulier les fiches sur :

En cas d'eczéma sévère, on pratiquera des tests cutanés par précaution avant l'introduction de l'arachide et des fruits à coque.

De même, il est préférable de débuter progressivement l'œuf. Voici les conseils du groupe Allergodiet :

Les articles du site à consulter également

Pour aller plus loin

Pour plus de précisions sur les allergies alimentaires, écoutez l'émission sur France Bleue Gironde  sur les Allergies alimentaires de l'enfant avec le Dr CECCATO et le Dr RONDELEUX.

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Sources :

  1. Pas à Pas en Pédiatrie - L'allergie aux protéines de lait de vache [consulté le 28 juin 2018]
  2. Vandenplas Y, Koletzko S, Isolauri E et coll., Guidelines for the diagnosis and management of cow’s milk protein allergy in infant, Arch Dis Child, 2007; 92, p 902-908.
  3. C. Dupont et P. Soulaines, Actualités thérapeutiques dans la prise en charge nutritionnelle de l’allergie aux protéines de lait de vache, Archives de Pédiatrie, décembre 2017, pages 1350-1357.
Dr Rondeleux Emmanuelle

Auteur :
Dr Emmanuelle RONDELEUX
Pédiatre, Allergologue, Homéopathe

Date de publication : 28 juin 2018
Dernière révision de l'article : 22 avril 2025

 
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Remboursement des désensibilisations : des modifications encore insuffisantes

Le ministère de la Santé a statué sur le remboursement des désensibilisations. La parution au journal officiel a eu lieu le 6 juin 2018 . Des bonnes et des mauvaises nouvelles ...

Une bonne nouvelle pour le remboursement des désensibilisations

Les comprimés devraient être remboursés à 30 % prochainement

Les comprimés de désensibilisation sublinguaux GRAZAX®, ORALAIR® et ACARIZAX®, anciennement remboursés à 15% devraient être remboursés à 30 % prochainement. Cette décision a été annoncée oralement par le ministère. Mais les textes officiels ne sont pas encore parus.

Les gouttes sublinguales OSIRIS  et STALORAL remboursées à 30%

Les gouttes sublinguales ou préparations APSI (allergènes préparés spécialement pour un seul individu) passent, à priori, de 65 à 30 % .

Le décret ministériel a acté un reste à charge de 70 à 75 % pour les patients concernant les APSI par voie sublinguale. Or le taux de 25 % de remboursement n'existe pas.
C'est l'Union nationale des caisses d'assurance maladie qui devra fixer le taux à 30 %  par un arrêté. Aucune date n'est annoncée pour la parution de cet arrêté.

C'est une demi-bonne nouvelle, car une menace planait depuis décembre 2017 de diminuer le remboursement à 15 % pour les gouttes sublinguales afin d'homogénéiser le taux de remboursement des désensibilisations sublinguales.

L'objectif selon le décret est de "rendre plus cohérentes les modalités de prise en charge des APSI avec leur apport médical" et de les mettre au même niveau que les autres alternatives thérapeutiques.

Déremboursement des traitements par voies injectables

Les traitements de désensibilisation par voie sous-cutanée sont totalement déremboursés. Leur commercialisation n'a d'ailleurs pas été reprise depuis décembre 2017 (voir l'article : Arrêt des désensibilisations injectables en France).

Qu'est-ce que cela change ?

Immunotherapie.png

Avec un remboursement à 30 %, et non 15 %, même avec une mutuelle de santé faible, les patients allergiques auront une prise en charge de leur traitement.

Beaucoup de mutuelles de santé ne prennent pas en charge la différence sur des remboursements à 15 % . De nombreux patients auraient donc dû augmenter leur forfait ce qui parfois s'avérait impossible avec le développement des mutuelles d'entreprise.

Par contre, il n'y aura plus de possibilité de choisir une désensibilisation par voie injectable. Même si certains la trouvaient moins contraignante.

De même le traitement sur mesure des APSI risque d'être peu à peu abandonné au profit de comprimés journaliers, plus facile à produire et à stocker.

Les désensibilisations par des venins (abeilles, guêpes), n'étant pas des APSI, ne sont pas concernées par ces dispositions.

Quant au délai de mise en place de ces nouvelles conditions de remboursement, nous n'avons aucune information pour le moment.

Cette décision sera réévaluée dans 5 ans.

Pourquoi ces modifications du remboursement des désensibilisations ?

Le décret explique que selon les données dont le gouvernement dispose, les APSI auraient une efficacité faible. Et que la Haute Autorité de santé recommande de n'y avoir recours qu'en deuxième intention après les traitements symptomatiques médicamenteux, voire en troisième intention lorsque des spécialités pharmaceutiques à base d'extraits allergéniques peuvent être utilisées.

Ils contre-indiquent par ailleurs la désensibilisation par injection sous-cutanée du fait de la fréquence accrue des effets indésirables graves par rapport à la voie sublinguale.

Nez qui couleNotons que si les traitements symptomatiques médicamenteux (les antihistaminiques en comprimés, les gouttes oculaires et spray contre les allergies) améliorent bien le patient lors de leur prise, leur effet s'estompe dès l'arrêt du médicament. Ils doivent donc être administrés sur plusieurs années. Il s'agit d'un traitement des symptômes, mais non de la cause.

La désensibilisation est un traitement de durée limitée, 3 à 5 ans.  Elle s'attaque directement à la cause de la maladie. Plusieurs études tendent à démontrer que débuter tôt, elle pourrait influer sur le développement d'autres allergies et même sur la survenue d'un asthme.

Une réponse en "demi-teintes" pour les allergologues

 

L'Association Française pour la Prévention des Allergies a réagi dans un communiqué en annonçant un soulagement "en demi-teinte". "Nous avons évité un taux de remboursement à 15% qui plongeait la moitié de la population dans l'impossibilité de se soigner", explique l' AFPRAL. En revanche, "la médecine personnalisée recule là où tout le corps médical clame qu'on soigne mieux des profils individuels avec des traitements sur mesure qu'avec des traitements de masses calibrés sur une moyenne".

 

Les articles en lien :

 

Sources :

    1. Décret sur Légifrance du 4 juin 2018

 

    1. Medisite [consulté le 8 juin 2018]

 

  1. AFPRAL [consulté le 8 juin 2018]

Auteur :
Dr Rondeleux EmmanuelleDr Emmanuelle RONDELEUX
Pédiatre, Allergologue, Homéopathe

Date de publication : 8 juin 218
Dernière révision de l'article : 11 juin 2018

 

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Allergie au soleil ou lucite estivale bénigne

Parfois lors des premières expositions au soleil votre enfant peut présenter des petites plaques rouges légèrement surélevées. Est-ce une allergie au soleil ? Que faut-il faire ? Comment peut-on prévenir ces boutons ?

Les causes "d'allergie au soleil"

La lucite estivale bénigne

L'affection la plus fréquente est la lucite estivale bénigne . Elle atteint plutôt l'adolescent et l'adulte jeune, surtout les filles ou les femmes.

Elle donne des petites plaques rouges légèrement surélevées qui peuvent un peu gratter.

Les "boutons" apparaissent aux premiers soleils, en général plutôt au printemps, sur les zones exposées. C'est souvent le décolleté, les épaules ou encore le haut des bras qui sont concernés. La lucite estivale bénigne n'est pas vraiment une "allergie au soleil" mais une réaction liée aux premières expositions solaires. Elle guérit dès l'obtention d'un hâle protecteur et récidive souvent, à nouveau aux premiers soleils pendant quelques années, pour disparaître ensuite.

L'urticaire solaire, vraie allergie au soleil

L'urticaire solaire est plus rare. Il se manifeste par des boutons surélevés, comme des piqures d'ortie, débutant quelques minutes après l'exposition solaire (dans les 30 minutes). Les boutons grattent beaucoup et peuvent dépasser la zone d'exposition. Ils peuvent persister entre 1 et 24 heures.

Attention aux produits phototoxiques ou photosensibilisants

Ce qui peut faire penser à une allergie au soleil s’avère être parfois une réaction provoquée par l’application d’un produit phototoxique . C'est le cas du parfum, de certains cosmétiques et certains médicaments comme les antibiotiques ou les crèmes et gels anti-inflammatoires. Des réactions à type d'eczéma peuvent être notées plusieurs mois après l'application d'un gel anti-inflammatoire. Elles apparaissent au niveau de la zone d'application, mais peuvent la déborder. Il faut donc se rappeler l'application de ces crèmes lors d'un traumatisme survenu quelque temps auparavant.

De même, certaines crèmes solaires peuvent provoquer des allergies induites Traitement localpar le soleil. Il faut alors préférer les crèmes solaires avec des écrans minéraux et le moins de filtres chimiques possible.

La dermite des prés est une réaction que l'enfant peut faire après contact avec dermite des présdes végétaux contenant une substance photosensibilisante et une exposition au soleil. Cela provoque des plaques souvent sur les jambes ou les bras assez linéaires là où il a été en contact avec les végétaux, parfois des lésions bulleuses. Ces lésions surviennent avec un peu de retard, environ deux jours après l'exposition.

Attention aux maladies révélées par l'exposition solaire

Certaines maladies comme le Lupus ou les Dermatomyosites peuvent être révélées par le soleil . Si les lésions persistent, consulter votre médecin.

Que faire en cas de réaction au soleil ?enfant et plage

Tout d'abord protéger votre enfant dès les premiers soleils.

  • Protéger au maximum la peau du soleil en mettant des vêtements appropriés et un chapeau.
  • Habituer progressivement la peau au soleil. Evitez une forte exposition solaire.
  • Appliquez une crème solaire 50+ . Privilégier les écrans minéraux surtout chez les petits enfants. Ils sont moins faciles à étaler, moins "cosmétiques" mais mieux tolérés.

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Sources :

  1. Boulet J. et coll., Schémas et Protocoles, Thérapeutiques Homéopathiques, 2013, p 104.

Auteur :
Dr Rondeleux EmmanuelleDr Emmanuelle RONDELEUX
Pédiatre, Allergologue, Homéopathe

Date de publication : 1 juin 2018
Dernière révision de l'article : 13 janvier 2019

 

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